Propriétaire : le coût de la passion !
Le point de vue d’un propriétaire dans vos colonnes du mercredi 6 juillet intitulé : Ne tirez pas sur les valeurs 22 est frappé au coin du bon sens.
L’espérance de gains de la catégorie de chevaux regroupant le plus grand nombre (inférieur à 32 de valeur) est loin de couvrir le fameux « taux de couverture de 50% des frais de pensions ». Il serait intéressant de calculer le taux de couverture des 2 ans, des 3 ans, des 4 ans, des 5ans + par type de course (courses de série et listed/groupe) et de calculer ce taux sur les gains nets.
Les entraîneurs le savent bien, propriétaires malgré eux de ce type de chevaux de valeur « moyenne « . Comment peut-on imaginer qu’un entraîneur trouve de nouveaux propriétaires sachant pertinemment que, sauf avec beaucoup de chance, le cheval ne couvrira que trop peu ses frais de pension (64.3% des chevaux ayant couru en 2010 n’ont gagné pas gagné 9000€) ! Pour intéresser une nouvelle clientèle dans la durée il faut pouvoir « vendre la passion » mais à un coût raisonnable.
Là où je ne partage pas tout à fait l’avis du rédacteur, c’est qu’il faut rajeunir la population de ces chevaux intermédiaires. Je m’explique : il serait certainement possible de basculer progressivement les allocations de ces courses de « vieux » sur des courses de 2, 3 et 4 ans et+.
Effectivement les « premiers pas de propriétaire » ont pour scène les achats « clés en main ». Si le programme des courses proposait plus de courses fermées à 2, 3 et 4 ans avec une vraie « possibilité » de programme pour ces chevaux (plus de handicaps de 2 ans au 2ème semestre par exemple, des réclamers par « catégories » type pour chevaux de valeur inférieure à …),on glisserait vers une carrière de course plus courte avec moins de charges pour les propriétaires et par là même on augmenterait mécaniquement le fameux taux de couverture.
Un autre effet positif apparaîtrait. Ces propriétaires « en herbe » se dirigeraient plus facilement vers les achats de yearlings/2 ans sachant que si ce sont des chevaux « moyens » (le cas de la majorité comme dans toute compétition) ils auraient quand même un programme de courses incitatif dans les deux ans suivant leur achat. Ce cercle « vertueux » permettrait de redynamiser l’élevage.
Au moment où le Président de France Galop prend acte de la situation précaire des professionnels, peut être est-il temps de faire des simulations avec un esprit « ouvert ».
Gardons à l’esprit que l’Institution dispose, à enveloppe d’allocations constante, d’outils pour répartir les prix distribués sur telle ou telle catégorie de chevaux.
Côté propriétaire la seule variable possible, les prix de pensions ne pouvant baisser, est de raccourcir la durée de détention du cheval de 5 années à 3 par exemple. A espoir de gains équivalents, on opposerait deux années de « charges en moins ».
Dans la politique de recherche de nouveaux propriétaires, la prospection, l’accueil, la reconnaissance, la fidélisation sont certes nécessaires mais si le « jeu » est à tous les coups perdant alors il est difficile de convaincre de nouveaux propriétaires à notre passion !