L’interview du nouveau directeur du marketing et de la communication nous révèle le « carnet de route » que les instances dirigeantes de France Galop souhaitent lui voir mettre en œuvre. Les grands axes ainsi définis mettent en exergue la politique de reconquête du public sur les hippodromes et la politique de recherche de nouveaux propriétaires.
Pour attirer le public, il faut miser sur le sport et « gommer » l’aspect uniquement jeu des courses de chevaux. Cela fait presque trois décennies que cette politique d’image est remise sur « l’ouvrage » à chaque recrutement d’un nouveau directeur de la communication.
L’énergie et les moyens financiers mis en œuvre valent-ils la chandelle ? Les dimanches au galop sont un des exemples coûteux qui, certes, remplissent les hippodromes d’Auteuil et de Longchamp quand la météo est favorable mais pour quel objectif ? Faire venir du monde pour quoi, pour qui ? On ne pourra pas durablement faire venir les gens s’ils ne s’intéressent pas aux courses et au…jeu.
Quelques suggestions :
Ne serait-il pas plus efficace de se concentrer sur quelques grands évènements, Président de la République à Auteuil (avril), les Poules d’Essai et le Grand Steeple Chase de Paris (Longchamp et Auteuil en mai), le Diane (Chantilly en juin), le Grand Prix de Paris (Longchamp en juillet), Deauville en août, le week-end de l’Arc (Longchamp en octobre) et le week-end de l’obstacle (Auteuil en novembre).
Pourquoi ne pas organiser (et sponsoriser) le déplacement des amateurs de courses des régions vers la « capitale » qui sont déjà acquis à notre cause ? Le PMU dispose d’un fichier de joueurs internet qui pour beaucoup d’entre eux ne sont jamais allés sur un champ de courses. La règle d’or en « clientèle » n’est-elle pas qu’il est moins coûteux de fidéliser que de prospecter de nouveaux clients (l’un n’empêchant pas l’autre bien sûr…) ?
Certaines journées de courses réussies (Landivisiau le lundi de pâques, Wissembourg en mai, Clairefontaine le 13 août, Pompadour le 15 août, Craon en septembre…) prouvent que l’ancienneté et la régularité des dates de ces évènements ont permis de « capitaliser » et d’attirer du public, avec des coûts marginaux assez faibles d’ailleurs, une fois la « date » bien installée…
Concernant le recrutement de nouveaux propriétaires, sujet plus récent dans la politique du galop, il est certes judicieux d’aller « porter la bonne parole » dans des milieux divers et variés mais le message le plus solide ne serait-il pas de permettre à ces nouveaux propriétaires de s’amuser sans trop perdre ? La couverture de 50% des frais de pensions par les gains moyens des chevaux devrait être calculée par catégorie de chevaux et on s’apercevrait que dans les catégories où les chevaux moyens sont en plus grand nombre, le taux de couverture est bien en-dessous de ce seuil de 50%. Sachant statistiquement qu’un yearling a plus de chance d’être un cheval de course « moyen », la solution évidente est de revaloriser les courses de cette catégorie de chevaux qui n’ont pas suivi l’augmentation globale depuis 15 ans ! Comment ? En rééquilibrant l’écart avec les courses de groupe qui de par leur notoriété donnent une valeur commerciale ou d’élevage souvent bien supérieure à l’allocation perçue.
Alors seulement, les entraîneurs et courtiers auront des arguments plus forts pour attirer de nouveaux propriétaires…Aujourd’hui, en étant honnête, comment voulez-vous convaincre des gens de prendre leur « couleurs » alors que les entraîneurs, hélas de plus en plus propriétaires de leurs chevaux, ne s’en sortent pas alors qu’ils sont des professionnels avertis ?
Tous les efforts entrepris, si louables soient-ils, ne pourront pas nous sortir de cette ornière tant que le facteur « économique minimum » ne sera pas résolu. Il peut l’être rapidement, c’est une question de volonté politique de nos élus.